
AISI 420 et AISI 304 sont tous deux des aciers inoxydables, mais ils ne servent pas le même objectif dans un roulement. AISI 420 est un inox martensitique durcissable, souvent utilisé pour des pistes de roulement. AISI 304 est un inox austénitique, très courant en pièces industrielles, mais généralement moins adapté aux pistes fortement chargées.
En milieu humide ou chloruré, le choix n’est donc pas simplement “304 résiste mieux à la corrosion”. Il faut comparer corrosion, dureté, charge, vitesse, durée de vie et mode de défaillance.
Différence de rôle
| Critère | AISI 420 | AISI 304 |
|---|---|---|
| Famille | Martensitique | Austénitique |
| Dureté après traitement | Élevée | Plus faible |
| Usage typique | Pistes et billes de roulement inox chargées | Cages, pièces, faibles charges ou composants spéciaux |
| Corrosion générale | Bonne mais limitée en chlorures sévères | Bonne résistance générale, mais pas parfaite en chlorures |
| Risque principal | Piqûres, rouille locale, perte de surface | Corrosion sous contrainte possible selon contrainte et chlorures |
Pourquoi 420 reste utile
Un roulement doit supporter une fatigue de contact. Les pistes et les billes ont besoin de dureté. AISI 420 peut être durci, rectifié et fini pour travailler comme matière de roulement. C’est pourquoi les roulements AISI 420 sont courants pour les applications inox à charge normale.
Son point faible est la corrosion dans les milieux très chlorurés, l’eau stagnante ou les lavages agressifs. Si la corrosion domine totalement, il faut envisager une autre nuance, une conception protégée, un joint différent, une graisse adaptée ou une solution spéciale.
Pourquoi 304 ne remplace pas automatiquement 420
AISI 304 résiste bien dans de nombreux environnements propres ou légèrement corrosifs. Mais il n’offre pas la même dureté de piste qu’un inox martensitique durci. Dans un roulement chargé, cela peut réduire la capacité à supporter la fatigue de contact, l’usure et la précision.
Les roulements AISI 304 sont donc à envisager lorsque la corrosion est prioritaire, que la charge est faible ou que la conception du roulement est adaptée. Ils ne doivent pas être choisis uniquement parce que “304” est connu en tôlerie, visserie ou tuyauterie.
Et en milieu marin ?
En air marin, eau salée, projections de chlorures ou lavage fréquent, ni 420 ni 304 ne doivent être considérés comme une réponse universelle. AISI 420 peut subir piqûres ou corrosion locale. AISI 304 peut aussi être attaqué par les chlorures, surtout en présence de contraintes ou de zones confinées.
Dans ces cas, il faut parfois comparer AISI 316, une protection par graisse et joint, un drainage amélioré, un roulement céramique ou une conception qui évite l’eau stagnante. Les roulements AISI 316 sont une piste lorsque la corrosion domine, mais la charge doit rester cohérente avec la construction.
Questions à poser avant de choisir
- La charge est-elle élevée ou faible ?
- Le roulement travaille-t-il en rotation continue ou intermittente ?
- Y a-t-il eau salée, vapeur, détergent ou eau stagnante ?
- Le roulement doit-il rester silencieux ?
- Le joint est-il ZZ, 2RS ou spécial ?
- La graisse est-elle compatible avec le lavage ?
- L’équipement permet-il un drainage et un séchage corrects ?
FAQ
AISI 304 est-il plus anticorrosion que 420 ?
Souvent dans des environnements généraux, oui. Mais pour un roulement chargé, la dureté et la fatigue de contact peuvent rendre AISI 420 plus adapté.
AISI 420 convient-il en milieu marin ?
Il peut convenir en exposition modérée avec bonne graisse, joint et stockage, mais il n’est pas idéal pour eau salée permanente ou chlorures sévères.
Quand passer à AISI 316 ?
Lorsque la corrosion par chlorures ou lavage domine, et si la charge et la conception du roulement permettent l’usage d’un inox austénitique.